Les Lois Fondamentales de la Stupidité Humaine (et anatomie d’un con)

Les Lois Fondamentales de la Stupidité Humaine (et anatomie d’un con)

Nous avons tous inévitablement déjà été confronté à un con. Il paraît même que chacun d’entre nous est le con d’un autre et c’est probablement l’unique point commun qui rassemble tous les peuples du monde dans une jolie ronde. Mais, au fond, un con : c’est quoi ? Un intellectuel s’est donné la peine de nous l’expliquer avec 5 lois fondamentales.

Tout d’abord, en guise d’introduction, je tiens à préciser que cet article n’a pas pour but d’établir la liste de tous les cons du monde, parce que je ne dispose pas de ce genre de temps. Il ne s’agit pas non plus d’attaquer qui que ce soit ou de se moquer d’une partie de la population en particulier, parce que, de toute évidence, la connerie coule dans toutes les veines de l’humanité.

Aussi, si vous vous sentez offusqué par cet article parce que vous vous êtes reconnu(e) dans les définitions du con (qui d’ailleurs ne m’appartiennent pas), je ne peux rien pour vous 😉 

Histoire d’égayer l’article, je vais placer ça et là des images de gens stupides surpris à faire des choses stupides.

 

Donc, « la connerie, c’est quoi ? »

Eh bien, sachez qu’un économiste italien du nom de Carlo Cipolla (pour les non-italophones, Cipolla, ça veut dire Oignon… ça n’a rien à voir avec l’article, mais c’est marrant) s’est chargé de l’enquête qu’il a conclu de manière magistrale en nous délivrant les 5 lois fondamentales de la stupidité humaine.

Carlo Cipolla, pas la moitié d’un con.

Rien que ça.

 

Loi 1 – Toujours et inévitablement, tout le monde sous-estime le nombre d’individus stupides en circulation.

D’après Cipolla, il y a donc nettement plus de personnes stupides autour de nous que ce nous suspectons, sans doute parce que nous sommes formatés à associer l’intelligence à la culture générale, au niveau d’étude, à la situation professionnelle ou sociale, qui n’immunisent personne à la connerie, telle que définie dans la Loi 3. Nous sommes extrêmement nombreux sur Terre donc, forcément, les gens stupides le sont également.

 

Loi 2 – La probabilité qu’une personne soit stupide est indépendante de toute autre caractéristique de cette personne.

Pour Cipolla, il existe forcément un quota constant de personnes stupides à travers tous les groupes spécifiques de notre société. Dans toutes les catégories de la population, définies par la couleur de peau, la religion, le niveau social, financier, le sexe, l’âge, la nationalité, l’origine, la profession (etc.), une partie de la population de ces groupes sera invariablement stupide.

Il y a des chirurgiens stupides, des chômeurs stupides, des professeurs stupides, des mères au foyer stupides, des énarques stupides, des adolescents stupides, des musulmans stupides, des bouddhistes stupides, des thérapeutes stupides (je sais, ça paraît incroyable !), des français stupides, des australiens stupides… Bref, vous voyez un peu le tableau : cette liste n’est pas exhaustive.

Cette seconde loi vient compléter la première et la rend difficile à contrer : des cons, il y en a partout et de tous les types, de sorte que l’on ne puisse pas désigner une partie spécifique de la population comme uniquement composée de personnes stupides. C’est un mal qui se propage à tous les groupes !

 

Loi 3 – Une personne stupide est une personne qui cause des pertes à une autre personne ou à un groupe de personnes alors qu’il ne génère aucun gain et peut-être même fait subir des pertes.

Pour « l’Oignon », c’est la règle la plus importante.

Si l’on établit des critères pour déterminer la stupidité d’une personne, on doit pouvoir utiliser ces mêmes critères, en réciprocité, pour valider l’intelligence d’une autre personne.

Et puisque Cipolla réfléchit en des termes de vie en société, ce critère n’est pas la capacité d’apprentissage, la culture générale, la mémoire, la concentration, le talent, le QI ou la performance – puisqu’on a déjà établi que la connerie était une constante présente dans toutes les catégories – mais le rapport Gain/Perte qui génère des archétypes comportementaux, dont les quatre ci-dessous.

Notez que, lorsque l’on parle de Gain et de Perte, on ne se limite pas au domaine financier ou matériel. La satisfaction, le bonheur, l’estime de soi, la sécurité, la liberté, la santé (etc.) en font également partie.

Archétype 1 : la personne intelligente/raisonnable qui, par ses actions, choix et décisions, génère un gain pour elle et pour les autres.

Archétype 2 : le crétin qui, par ses actions, choix et décisions stupides, se cause une perte personnelle en engendrant un bénéfice pour les autres.

Archétype 3 : le voleur/l’enfoiré/le mauvais qui, par ses actions, choix et décisions, génère un gain pour lui même en créant une perte chez les autres. Comme ces homme politiques qui… Enfin, vous avez saisi le concept.

Archétype 4 : la personne stupide, le débile parfait, l’imbécile ultime, celui qui génère une perte chez autrui sans bénéfice pour lui-même – ou pire – en s’occasionnant lui-même une perte.

Bien sûr, il existe aussi un grand groupe informe : la masse de gens non stupides (dont nous aimons tous penser que nous faisons partie). Ceux là agissent de manière inconstante, ils génèrent parfois un profit pour les autres par intelligence ou une perte par stupidité ou égoïsme sans pour autant faire preuve de la détermination inflexible des cons à toujours s’évertuer à dépasser les limites de la stupidité absolue. Par dessus tout, ils sont impuissants.

 

Loi 4 – Les personnes non stupides (moins cons) sous-estiment toujours le pouvoir dommageable des individus stupides. En particulier, les personnes non stupides oublient constamment que, en tout temps et dans les endroits et en tout état de cause, traiter et / ou s’associer à des cons s’avère toujours être une erreur coûteuse.

Cette loi s’explique toute seul : un con, ça fait du dégât, que l’intention soit purement mauvaise ou par maladresse. Il suffit de regarder les chaînes infos pour s’en rendre compte. Un con n’est jamais inoffensif.

 

Loi 5 – une personne stupide est le type de personne le plus dangereux. Une personne stupide est plus dangereuse qu’un voleur.

Pour Cipolla, la stupidité constante, l’entêtement continuel à toujours causer des pertes à autrui sans bénéfice personnel (ou en s’occasionnant soi-même une perte) est ce qui rend les gens stupides dangereux, car ils sont imprévisibles !

Et oui, il y a une certaine cohérence chez le voleur/l’enfoiré qui suit un schéma de pensée ordonné, au point que l’on puisse le comprendre et se préparer à ses assauts. Un arnaqueur va vous prendre vos biens pour obtenir plus d’argent possible dans sa poche : c’est systématique, c’est rationnel.

Il y a chez la personne stupide une irrationalité qui la rend instable et imprévisible. Une personne stupide, nous dit l’économiste, sera conne sans aucune raison, sans réel objectif, sans obtenir de bénéfice, sans avantage et il est impossible de s’y préparer, car on ne sait jamais quand on sera confronté à un individu stupide. En gros, quand une personne stupide se manifeste, tout le monde est à sa merci.

 

Mais alors, que faire pour s’en sortir ?

La connerie est probablement le mal du siècle. Nous sommes généralement tous impuissants face à un acte de connerie et la Loi 2 nous enseigne que l’on ne peut pas corriger la connerie par l’information ou par l’éducation, parce que la stupidité est indépendante de ces facteurs.

Les sociétés en péril sont celles dont le pourcentage de gens stupides égale ou dépasse le pourcentage de gens intelligents, selon les critères exprimés ci-dessus. Lorsque la proportion de personnes qui génèrent des bénéfices pour la société est inférieure à la proportion de personnes qui y occasionnent des pertes, c’est l’Idiocratie qui règne et le déclin qui se précipite.

Il y a d’ailleurs un film nommé Idiocracy sur Netflix, qui raconte l’histoire d’un homme et d’une femme qui se retrouvent transportés 500 ans dans le futur, dans un monde dystopique où la stupidité l’a emporté et où tout le monde est infiniment stupide. Ce film est d’ailleurs complètement con, donc j’imagine qu’il a réussi son pari !

Le seul film qui soit passé de « comédie » à « documentaire »

 

La solution salvatrice, improbable tant la tâche paraît lourde, serait que les personnes du groupe « intelligents/raisonnables » bossent deux fois plus fort pour contrebalancer la stupidité grandissante et destructrice de l’autre groupe.

L’autre moyen utopique serait de démocratiser et de cultiver des valeurs d’entraide, de générosité, d’humilité, de partage, d’amour et d’empathie. Ainsi, à l’exception des cons, nous aurions tous la possibilité de prendre du recul et de nous demander ce que nous pourrions faire pour contribuer au bien-être des autres tout en créant un bénéfice pour soi-même.

Autrement dit :

Et puisque la stupidité m’intéresse, j’en parlerai encore dans un autre article.

A plus ! 😀

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